Mélissa Laveaux

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Mélissa Laveaux

Bien que “At my softest” soit l’album le plus personnel de Mélissa Laveaux, il ne reste pas loin de ses engagements politiques. Elle cite “The God of Small Things” d’Arundati Roy sur un refrain “Wake girl, your head is becoming the pillow”. C’est un appel à l’éveil mais surtout une invitation à apprendre à mieux habiter un corps confronté à une société qui lui impose une violence, plutôt que d’y échapper par la dissociation. Ce dernier élément est lié à son nouveau statut de personne handicapée dans un climat politique validiste qui à tendance à vouloir effacer les corps “inconvénients” et donc dissidents. Quand on n’a pas le luxe de pouvoir se battre endormie, on peut toujours puiser dans les ressources qu’offrent les souvenirs du passé afin de mieux s’équiper pour naviguer le présent. Composer avec ses vulnérabilités c’est l’arme ultime de l’artiste, qui à sa place douce devient inévitablement dangereuse. Ce n’est pas Mélissa mais Toni Morrison, Audre Lorde et Edwidge Danticat qui le disent: les artistes sont dangereux, les femmes artistes encore plus.