Slimane Dazi lit American Tabloïd
de James Ellroy (Rivages), accompagné par Mont Analogue

American Tabloïd, Rivages

Le roman culte de James Ellroy, paru en 1995, considéré comme son chef-d’œuvre absolu, porté par la voix de Slimane Dazi, un des acteurs les plus singuliers du cinéma international (Un prophète, Only lovers left alive, Le Caire confidentiel), accompagné par Mont Analogue, duo de musiciens au sommet de la scène électro française : la lecture promet d’être belle ! Promis, on ne vous cachera rien des turpitudes du clan Kennedy, des manœuvres du patron du FBI John Edgar Hoover et des petits arrangements mafieux de Jimmy Hoffa…

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Freddy Michalski

James Ellroy

James Ellroy, de son vrai nom Lee Earle Ellroy, (né le 4 mars 1948 à Los Angeles en Californie) est un écrivain de polars américain. L’assassinat de sa mère le 22 juin 1958 est le déclic qui le mène à une vie de débauche, jusqu’à ce que sa santé le rappel au calme. Il se lance alors dans l’écriture du livre qui fera de lui une célébrité : Le Dahlia Noir, œuvre de fiction basée sur une histoire vraie légendaire du Los Angeles des années quarante, à savoir le meurtre le plus sanglant et le plus sadique qu’ait connu la ville ; meurtre de la jeune starlette, Elizabeth Short. Il écrira à la suite trois autres romans ayant pour cadre la ville de Los Angeles dans les années 1940-1950, et pour thème le crime et la corruption (Le Grand Nulle Part, L.A. Confidential et White Jazz). James Ellroy est à présent l’un des auteurs de roman noir américains les plus populaires, bien que peu apprécié et peu lu dans son pays. Il a publié plus de quinze romans en trente ans dans lesquels il parle sans concession de ses années difficiles.

Slimane Dazi

Slimane Dazi n’était pas destiné au métier d’acteur. Adolescent, passionné de sport, il est aussi à l’aise sur un ring que devant un ballon rond, mais il manque de peu d’intégrer l’équipe de football de Lille. D’abord camelot sur les marchés, il décide avec son frère de monter une société de ventousage. Cette activité lui permet de se rendre sur des tournages de films. Par ce biais, il découvre le cinéma. Sa vocation est née.

Agé de 45 ans, l’acteur d’origine algérienne se voit proposer par Rachid Djaïdani le rôle de Slimane, dans son premier court-métrage Quarante frères (2005). C’est de ce projet que naîtra, après plusieurs années de production, l’original et acclamé Rengaine (2012), histoire d’un couple mixte confronté aux préjugés raciaux. Sa performance de grand frère protecteur, gardien des traditions, lui vaudra le prix d’interprétation masculine du Festival du film francophone de Dakar.

Avant cela, le comédien participe à de nombreux courts-métrages dont Gourgou (2007) et La Dernière valse (2010), tous signés Sacha Chelli. Il apparaît également sur les écrans télévisés dans des séries notables comme Sur le fil (2008) et Engrenages (id.).

L’année 2009 marque un tournant majeur dans sa carrière. Jacques Audiard lui propose d’incarner le personnage de Brahim Lattrache, le caïd marseillais qui permet à Malik (Tahar Rahim) de développer son trafic en prison, dans le film aux multiples récompenses Un Prophète (2009). Le succès du film aidant, le charisme et le faciès singulier de l’acteur avec, il est repéré par de nombreux réalisateurs et multiplie les tournages.

Eclectique mais pas sectaire, Slimane Dazi touche à tout. Il participe tant à des productions intimes qu’à des fictions musclées. On peut ainsi le retrouver dans le drame historique Les Hommes Libres (2010), où il retrouve Tahar Rahim, ou dans le polar de Frank Henry, De Force, porté par Isabelle Adjani et Eric Cantona. Il est également à l’affiche de Only Lovers Left Alive (2014), drame vampirique de Jim Jarmusch dans lequel il donne la réplique aux Britanniques Tom Hiddleston et Tilda Swinton. Cette même année, il interprète un marchand d’armes dans le thriller Wolf, du Néerlandais Jim Taihuttu, avec lequel il avait auparavant collaboré sur Rabat (2010).

Mont Analogue

Le duo parisiano-lyonnais Mont Analogue emprunte son nom à deux choses qui, jusque-là, n’avaient rien à voir : la montagne honorablement élevée de synthétiseurs analogiques sur lesquels il joue sa musique, et le «roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques» de René Daumal.
Vraisemblablement passionnés par ce chef-d’œuvre de la littérature pataphysico-occulte qui inspira Jodorowsky pour sa Montagne sacrée, Alexander Van Pelt et Ben Lupus ont même conçu leur premier album comme une adaptation, épisode après épisode, des aventures inachevées de Judith Pancake, Pierre Sogol et Arthur Beaver dans les paysages désolés de la tradition primordiale (dont le Mont Analogue, inspiré par l’enseignement des gourous Alexandre de Salzmann et Alain Gurdjieff, est une métaphore).

Du côté plus prosaïque de la musique, Mont Analogue pratique un art électronique assez naïf et en pleine possession de ses moyens, très mélodique et solidement rythmé, qui tire autant son inspiration des grandes échappées libres de l’âge d’or de la musique synthétique que des exercices techno rêveurs de James Holden ou Fuck Buttons.
Elevé à la musique en live le duo joue surtout sa musique électronique de la même manière que d’autres jouent leur rock, en privilégiant son expérience du son sur l’efficacité de ses séquences et de sa production. Il va sans dire que le psychédélisme s’épanouit plus fort dans leur musique que dans celle de la plupart des groupes contemporains qui s’évertuent à reproduire la musique psychédélique usée jusqu’à la corde des années 60 et 70.

Crédits photos

John F. Kennedy © Shutterstock | Slimane Dazi © Camille de Ginestel | Mont Analogue © Apolicarpio 9

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  • Date
    27 juin 2019
  • Heure
    20:30
  • Lieu
    Théâtre de la Cité
    | Toulouse
  • Durée
    1 heure